Dole Athlétique Club, DAC, Dole AC
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La CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix, 31/08/12)

2200 au départ mais seulement 1584 "finishers" et parmi eux : Thierry Mondon, 646ème (42è V2) en 18h15.

 

Classement ICI.

 

http://www.ultratrailmb.com/

 

Son compte-rendu :

 

"Voila, c'est fini...

Le début de ma petite expédition a débuté jeudi matin, toutefois depuis une semaine, tout mon matériel était près! Pour se mettre dans le bain, l'organisation nous envoie 2 mails: un mardi pour prévenir que les conditions seront mauvaises et un mercredi disant que 4 couches de vçetements seront obligatoires. Ca promet!!

 

Arrivée à Cham sous la pluie dans l'après-midi. Moi qui comptait monter la tente près du parking, je préfère dormir dans la voiture. Passage pour le dossard avec vérification des sacs sans problème.

 

Vendredi 5h30, après une nuit correcte, je pars rejoindre la navette. Je suis le premier arrivée (c'est bien la première fois que cela m'arrive sur une course, dommage ce n'est qu'au départ). Juste avant de partir, nous voyons un court instant le Mont Blanc dans une trouée de nuages. Ce sera la seule fois de la course. Le voyage jusqu'à Courmayeur se passe bien et nous arrivons avec du soleil (pour une demi heure). Nous pouvons utiliser la patinoire pour nous préparer (petit déj au gâtau sport maison + Malto) et pommade Nok partout ou cela peut faire mal.

Nous recevons un sms de l'organisation prévenant qu'en raison des conditions hivernales, la tête de la Tronche et tête au vent ne feront pas partie de la course (25cm de neige fraiche + vents violents.

Je suis déçu, comme beaucoup, mais à postériori, la décision était bonne.

 

Nous montons ensuite à pied au départ, histoire de s'échauffer. La pluie commence à tomber et je met mon Gore Tex sur mon tee shirt et mon Wind Stopper. Nous entrons enfin dans les sas (le18-20h pour moi, et l'ambiance commence à monter, l'adrénaline aussi. Mon entraînement ayant été fait selon mes prévisions, sauf pépins physiques, je suis très déterminé. Les premiers partent à 10h avec la musique à fond et l'hélico qui tourne juste au dessus de nous. De plus la pluie cesse. 10h09'50'', le décompte est lancé et à10h10 c'est partie pour l'aventure et pour l'inconnu en terme de durée de course. (certes j'ai fait les 2 UTTJ, mais je n'ai jamais dépassé 10h30 de cours d'affilée).

 

Comme toujours, il me faut du temps pour que la machine se mette en route (1 bonne heure). Nous faisons un petit tour dans Courmayeur, puis 10' après le départ, premier arrêt pour enlever le vêtement de pluie. Les choses sérieuses commencent avec la montée au refuge Bertonne. Tout va bien, même si nous sommes tous à la queue leu leu. Un petit arrêt et ça repart pour le refuge Bonati ou le vent commence à souffler. Une fois ce second ravitaillement, les choses se gâtent sérieusement: il se met à neiger et tout le monde se couvrent. Je met les gants d'hiver et troque ma casquette contre le bonnet. Les 4 couches de vêtements sont indispensables, je ne les quitteraient pas jusqu'à la douche!

 

Dans la descente à Arnuva, je prend mon premier bain de boue de la journée. Après un bouillon bien chaud, je repars pour un gros morceau: le grand col Ferret. Nous retrouvons la neige à mi montée, et je commence à avoir des onglées aux pouces (certainement dues aux sangles des bâtons qui limitent le flux sanguin). Au sommet, brouillard, vent, neige: je ne m'attarde pas et entame rapidement la descente pour retrouver des conditions clémentes. Cette descente est interminable (environ 20km) et entame sérieusement mon moral, mais je retrouve un ciel plus clément car il ne pleut pratiquement plus (courte acalmie). J'avais déja fait cette descente en 1976 en marchant et l'avait trouvé également très longue, mais dans mon souvenir je pensais que la côte pour Champex était plutôt courte et qu'elle serait vite négociée! Et bien j'ai tout faux: il s'est remis à pleuvoir et le doute s'installe.

 

Gros coup de barre dans ma tête. J'arrive à Champex, je suis trempé des pieds à la tête. Je suis seul, pas d'accompagnant donc pas de change. Je n'arrive pas à manger les pâtes. Mon corps ne supporte que la soupe, une compote et la moitié d'une banane. Je pense à toi Manu qui est resté ici l'année dernière, je passe un coup de fil à Nicole mon épouse qui me suis via Internet, et qui me dit que mes 3 enfants sont devant leurs ordi. Cela me remet du baume au coeur, et même si je suis au bord des larmes en coupant la communication, je repars en me donnant des objectifs: le premier arriver à Bovine avant la nuit.

 

Cet objectif était très prétentieux car le temps n'est vraiment pas de la partie et après une pluie soutenue, la neige fait son apparition, et dans la forêt en montant à Bovine, les lampes frontales s'allument petit à petit. Ayant prévu d'aller jusqu'au ravitaillement je dois chercher ma lampe dans le sac et j'ai bien du mal car j'ai à nouveau les doigts glacés. Arrivé à ce ravitaillo, je demande à une bénévole de resserer ma capuche car j'en suis incapable avec mes gants détrempés. Il fait -5°, le vent est fort et le sol est bien blanc. J'en fais vite les frais: en sortant de la bergerie je fais dix mètres et chute lourdement. J' en suis quitte pour un beau bleu. La descente s'avère périlleuse, entre la tempête de neige, les gouttes et la buée sur les lunettes je ne vois pas grand chose et descend pratiquement au pas.

Une fois Bovine passé, il ne me reste plus qu'une grosse difficultée: Catogne. Avant dernier objectif. Je souffre du froid, de l'humidité, je dépasse en temps de course tout ce que j'ai fait jusqu'à présent. J'ai mal aux hanches et au genou gauche. J'ai mal aux reins, faute d'une insuffisance d'hydratation dûe au froid, mais je repars. Il y a de moins en moins de lumières dans la nuit et je monte cette dernière grosse difficultéeseul sans un bruit sinon celui de mes bâtons sur les rochers et le frottement de mon sur pantalon. Je me retourne souvent croyant entendre quelqu'un, mais ce n'est que mon imagination! Je suis seul, aussi je mets un pied devant l'autre jusqu'au sommet, et j'aperçois la tente des bénévoles qui sont au milieu de nul part juste pour nous coureurs. Tout au long du parcours ils auront été super, mais lors des 3 derniers ravitaillements, ils ont été formidables et leurs encouragements m'ont aidés. La descente de Bovine s'est fait au ralenti, avec des chutes nombreuses dans des torrents de boue (je ne pense pas exagérer).

 

Une fois arrivé à Vallorcine, il ne restait plus que 12 à 15km, mais lors de ma dernière chute, ma frontale m'a lâcher. Celle de rechange étant moins puissante, j'ai mis beaucoup de temps pour arriver enfin à Chamonix.

 

Ce que j'ai trouvé de plus extraordinaire, c'est qu'à 4h25 du matin, il y a encore des personnes pour nous encourager. Voila c'est fini, j'aurai aimé faire cette course en totalité, mais c'est ainsi. Cela fait depuis le mois de janvier que j'en rêvai et c'est fini. Je pense que les prochains jours seront difficiles, mais il y aura d'autres rêves, d'autres courses..."

 

 

finisherCCC.jpg

 

 

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